Claude Code accusé de divulguer l’adresse email des développeurs

Claude Code aurait glissé l'adresse email de développeurs dans des requêtes web. Un correctif existe, mais il reste insuffisant.
Claude Code, l’agent de programmation d’Anthropic, est au centre d’une polémique sur la confidentialité. Plusieurs développeurs affirment que l’outil transmet leur adresse email à des sites web tiers. Le problème n’est pas nouveau. Pourtant, il revient sur le devant de la scène. De plus, le correctif proposé ne convainc pas.
Claude Code accusé de fuite d’adresse email
Le 5 novembre 2026, un utilisateur nommé taylor-edwards a ouvert un ticket sur le dépôt GitHub de Claude Code. Son message est sans détour. En effet, il dit recevoir des dizaines d’emails d’arnaque par jour. Selon lui, l’outil a divulgué son adresse.
Le signalement concerne la version 2.1.318 sur macOS. D’après l’utilisateur, l’agent aurait inséré son adresse dans l’en-tête User-Agent. Cet en-tête est la ligne par laquelle un programme se présente à un site web. Ainsi, il accompagne chaque requête envoyée lors des recherches de l’agent.
Par conséquent, tout site visité par l’outil peut lire cette information. Il peut ensuite la consigner dans ses journaux, voire la réutiliser. C’est ce qui inquiète les développeurs concernés.
Le ticket a rapidement attiré l’attention. Il est devenu l’un des principaux sujets du jour sur le forum Hacker News. Par ailleurs, un commentateur, phase3dev, résume le sentiment général : il ne faut pas mépriser l’intelligence des utilisateurs.
Un défaut déjà signalé en juillet
Cette affaire n’est pas la première du genre. En effet, des signalements similaires avaient déjà été ouverts en juillet, puis en octobre. Le défaut était donc connu depuis plusieurs mois.
Le ticket #81138 décrit le mécanisme en cause. D’abord, Claude Code lit l’adresse du compte dans un fichier de configuration local. Ensuite, il l’ajoute aux informations transmises au modèle au début de chaque session.
Dès lors, le modèle dispose de cette adresse dans son contexte. Il peut donc la réutiliser sans que l’utilisateur le demande. C’est précisément ce qui se serait produit lors de certaines requêtes.
Un exemple illustre bien la situation. Des sites comme Wikipédia demandent aux programmes automatisés de s’identifier avec un contact. Face à une telle exigence, le modèle a parfois recopié l’adresse dans sa requête. Son intention est probablement de bien faire. Toutefois, le résultat expose des données personnelles.
Par ailleurs, Anthropic n’a pas reconnu directement le problème. La réponse est venue d’un contributeur du dépôt. Elle ne vaut donc pas déclaration officielle de l’éditeur.
Un correctif qui laisse des failles dans Claude Code
Ce contributeur a indiqué qu’un module de protection existe déjà. Il est intégré à Claude Code et activé par défaut. Selon lui, il bloque ce comportement depuis la version 2.1.317. Le mécanisme serait disponible depuis le 3 novembre.
Cette réponse n’a pas calmé la grogne. En effet, un développeur a voulu vérifier l’efficacité du module. Il l’a testé avec 23 commandes contenant une fausse adresse email.
Son constat est mitigé. Le module bloque bien l’envoi dans l’en-tête User-Agent. En revanche, il laisse passer huit autres façons de transmettre l’adresse. En voici quelques exemples :
- l’insertion dans un autre en-tête de la requête ;
- l’utilisation dans un identifiant de connexion ;
- la récupération de l’adresse par la commande elle-même, au dernier moment.
Autrement dit, la protection cible un seul canal. Or une adresse peut circuler par bien d’autres chemins. Le filtre actuel ressemble donc à un pansement plutôt qu’à une solution de fond.
De plus, l’affaire met en lumière un risque plus large. Les agents de programmation reçoivent beaucoup de contexte sur leur utilisateur. Ensuite, ils agissent sur le web avec une certaine autonomie. Par conséquent, chaque donnée placée dans ce contexte peut se retrouver à l’extérieur.
Ce qu’il faut retenir
Les faits sont encore à confirmer côté éditeur. Cependant, quelques précautions s’imposent dès maintenant pour les utilisateurs de Claude Code.
- Mettre à jour l’outil : le module de protection est présent depuis la version 2.1.317, mais il reste partiel.
- Utiliser un alias dédié : une adresse jetable ou secondaire limite les dégâts en cas de fuite.
- Vérifier le fichier de configuration local : c’est là que l’outil récupère l’adresse du compte.
- Surveiller le trafic sortant : un proxy d’inspection permet de repérer les données personnelles dans les requêtes.
- Rester vigilant face au phishing : une hausse soudaine d’emails d’arnaque doit alerter.
En définitive, ce dossier rappelle une règle simple. Il ne faut jamais confier à un agent automatisé plus d’informations que nécessaire. Reste à savoir comment Anthropic répondra à ces critiques, et si un correctif plus complet suivra.