Faille ChatGPT : un lien de partage piégé exposait vos chats

Une faille ChatGPT permettait d'exécuter du code via un lien de partage piégé et de lire vos conversations privées.
Un simple clic aurait suffi. Des chercheurs de la société de sécurité Parameter ont mis en évidence une faille ChatGPT sérieuse. Un lien de partage malveillant pouvait exécuter le code d’un attaquant dans la session connectée de la personne qui l’ouvrait. Le pirate pouvait alors lire ses conversations privées.
OpenAI a depuis corrigé le problème. Toutefois, cette affaire rappelle que les fonctions de partage, pourtant banales, constituent une surface d’attaque à part entière.
Une faille ChatGPT cachée dans un simple lien
ChatGPT permet de partager une conversation grâce à une adresse web. Le destinataire clique, puis consulte l’échange. Ce mécanisme est pratique. Il est donc très utilisé, par exemple pour montrer une astuce, un prompt ou un résultat à un collègue.
Les chercheurs de Parameter ont toutefois démontré qu’un lien de ce type pouvait être piégé. Lorsqu’une victime l’ouvrait, le code de l’attaquant s’exécutait dans le contexte de sa session. Autrement dit, le code agissait avec les droits de l’utilisateur déjà authentifié.
Cette situation est particulièrement délicate. En effet, la victime n’avait aucun fichier à télécharger. Elle n’avait pas non plus de mot de passe à saisir. Il suffisait d’ouvrir un lien qui semblait légitime, puisqu’il pointait vers le service d’OpenAI.
Ce que Parameter a démontré, puis signalé à OpenAI
Selon les chercheurs, l’exploitation donnait accès aux conversations privées de la personne connectée. Or ces échanges contiennent souvent des informations sensibles. On y trouve du code source, des notes internes, des documents professionnels ou des questions personnelles.
Parameter a transmis sa découverte à OpenAI par le programme de bug bounty de l’entreprise. Le signalement date du 18 octobre. OpenAI a corrigé la vulnérabilité huit jours plus tard, soit autour du 26 octobre.
L’éditeur a en outre classé le problème en P1. Il s’agit de sa catégorie de gravité la plus élevée. Ce niveau indique que l’entreprise a jugé le risque très sérieux et le correctif prioritaire.
Les informations disponibles ne détaillent pas la mécanique technique précise de l’attaque. Elles ne mentionnent pas non plus d’identifiant CVE. Par ailleurs, rien n’indique à ce stade que la faille ait été exploitée par des attaquants réels avant son correctif.
Pourquoi cette faille ChatGPT est jugée critique
Plusieurs éléments expliquent cette classification maximale. D’abord, l’attaque repose sur un vecteur très ordinaire : un lien. Il peut circuler par e-mail, par messagerie instantanée ou sur un forum. Ensuite, la victime n’a pas besoin de commettre une erreur flagrante.
De plus, l’exécution de code dans une session ouverte donne beaucoup de pouvoir à l’attaquant. Il peut agir à la place de l’utilisateur. Il peut aussi consulter ce que l’utilisateur voit, y compris l’historique de ses discussions.
Enfin, l’usage de ChatGPT a changé. Beaucoup de salariés collent désormais des données professionnelles dans l’outil. Certains y déposent des extraits de contrats, des scripts ou des comptes rendus de réunion. Par conséquent, une fuite d’historique peut avoir des effets bien au-delà du compte personnel.
Cette affaire s’inscrit également dans une tendance plus large. Les services d’IA générative ajoutent sans cesse des fonctions de partage, d’intégration et d’automatisation. Chacune augmente la surface d’attaque. Les chercheurs en sécurité s’y intéressent donc de près.
Recommandations pour les utilisateurs et les entreprises
Le correctif étant déployé côté OpenAI, les utilisateurs n’ont pas de mise à jour à installer. Néanmoins, quelques réflexes restent utiles pour limiter les risques.
- Rester prudent avec les liens de partage : n’ouvrez pas un lien de conversation reçu d’une source inconnue ou inattendue.
- Vérifier l’expéditeur : en cas de doute, confirmez auprès de la personne par un autre canal.
- Limiter les données sensibles : évitez de coller des secrets, des mots de passe ou des données confidentielles dans un chatbot.
- Faire le ménage : supprimez les anciennes conversations qui contiennent des informations devenues inutiles.
- Contrôler les partages existants : passez en revue les liens que vous avez créés et révoquez ceux dont vous n’avez plus besoin.
Les entreprises, de leur côté, devraient encadrer l’usage des outils d’IA. Une politique claire sur les données autorisées réduit l’impact d’un incident. Il est également judicieux de sensibiliser les équipes aux liens piégés, y compris ceux qui pointent vers des domaines réputés.
Ce qu’il faut retenir
- Parameter a découvert qu’un lien de partage ChatGPT malveillant pouvait exécuter du code dans la session d’une victime.
- L’attaquant pouvait ainsi lire les conversations privées de la personne connectée.
- Le signalement a été fait le 18 octobre via le programme de bug bounty d’OpenAI.
- OpenAI a corrigé la faille huit jours plus tard et l’a classée P1, sa catégorie la plus grave.
- La prudence face aux liens reçus reste une défense simple et efficace.
Source : A Shared ChatGPT Link Could Run Attacker Code in Your Session and Read Private Chats