GMO Internet offre 1 million de dollars pour piéger des pirates

GMO Internet promet jusqu'à 1 million de dollars pour identifier les pirates d'Onamae.com Desktop Cloud, victime d'une extorsion.
Le géant japonais GMO Internet sort le chéquier, mais pas pour payer ses agresseurs. Le groupe propose jusqu’à 1 million de dollars au total pour toute information qui permettrait de retrouver les pirates. Ces derniers ont compromis son service Onamae.com Desktop Cloud. Par ailleurs, l’entreprise affirme avoir refusé de céder à une demande d’extorsion.
Cette décision publique est rare. Elle envoie donc un message clair aux cybercriminels : la victime ne négociera pas. En outre, elle cherchera à les faire arrêter.
GMO Internet met le prix fort pour retrouver les pirates
Le programme de récompense a été ouvert le 28 octobre. Il vise les attaquants qui ont pénétré dans l’infrastructure d’Onamae.com Desktop Cloud. Ce service héberge des bureaux Windows à distance. Ils sont utilisés notamment pour le trading sur le marché des changes (FX).
Le montant annoncé est de 1 million de dollars au maximum. Il s’agit toutefois d’une enveloppe globale. Autrement dit, elle ne correspond pas forcément à la somme versée pour chaque tuyau reçu.
Par ailleurs, l’entreprise a choisi de rendre l’affaire publique. Elle ne l’a pas gérée en silence. Ce choix montre ainsi que l’incident est pris au sérieux. Il traduit également la volonté de mobiliser un public plus large que les seuls enquêteurs.
Une prime versée sous conditions strictes
La récompense n’est pas automatique. En effet, elle n’est versée que si l’information fournie contribue à une arrestation. Elle peut aussi être accordée si le renseignement mène à la diffusion d’un avis de recherche international.
Ce cadre est important. Ainsi, un simple soupçon ou une rumeur ne suffira pas. Seules des pistes exploitables par les forces de l’ordre pourront déclencher un paiement.
De plus, ce mécanisme évite de payer pour des informations invérifiables. Il pousse donc les informateurs à fournir des éléments concrets. Par exemple, il peut s’agir d’identités, d’infrastructures ou de comptes utilisés par les assaillants.
Pourquoi les bureaux cloud de trading attirent les attaquants
Les services de bureaux virtuels pour le FX sont des cibles de choix. En effet, les traders y laissent des plateformes de négociation ouvertes en permanence. Ces machines tournent souvent jour et nuit. Les marchés des changes ne s’arrêtent presque jamais.
Une intrusion dans ce type d’environnement peut donc avoir un impact immédiat. Les clients dépendent de la disponibilité de leur poste pour passer des ordres. Par conséquent, toute interruption peut se traduire par des pertes financières.
Cette pression est précisément ce que recherchent les extorqueurs. Plus le service est sensible au temps, plus la menace est efficace. En revanche, payer ne garantit rien. Cela encourage même les criminels à recommencer, contre cette victime ou contre d’autres.
Un refus de payer qui a un coût
Refuser une rançon n’est pas anodin. L’entreprise doit alors gérer la crise technique, la relation avec ses clients et son image. Toutefois, elle évite de financer un groupe criminel dont elle ne connaît pas les intentions.
Les spécialistes recommandent généralement cette position. En effet, le paiement ne prouve pas que les données seront restituées ou détruites. De plus, il ne ferme pas la porte d’entrée utilisée par les attaquants.
Les zones d’ombre de l’affaire
Les informations disponibles restent limitées. On sait que le service a été compromis et qu’une extorsion a été tentée. En revanche, la méthode d’intrusion n’est pas précisée dans les éléments communiqués. Il en va de même pour l’étendue exacte des dégâts.
Il est donc prudent d’éviter toute conclusion hâtive. Aucun groupe malveillant n’est nommé à ce stade. De même, aucun identifiant de vulnérabilité n’est mentionné.
Un signal pour l’ensemble du secteur
L’initiative de GMO Internet s’inscrit dans une logique de dissuasion. Les primes de ce genre existent déjà dans la lutte contre la cybercriminalité. Elles visent à fissurer la confiance au sein des groupes. En effet, un complice peut être tenté de parler.
Pour les autres hébergeurs, l’affaire est un rappel utile. Un service cloud concentre les données et les accès de nombreux clients. Une seule brèche peut donc avoir des effets en cascade.
Enfin, cette affaire illustre un changement de ton. Certaines entreprises préfèrent désormais la transparence et la traque active à la discrétion. Reste à savoir si cette stratégie portera ses fruits.
Ce qu’il faut retenir
- GMO Internet offre jusqu’à 1 million de dollars au total pour retrouver les pirates d’Onamae.com Desktop Cloud.
- Le programme a été lancé le 28 octobre.
- La prime n’est versée que si l’information mène à une arrestation ou à un avis de recherche international.
- Le service concerné héberge des bureaux Windows utilisés pour le trading FX.
- L’entreprise affirme avoir refusé de payer la demande d’extorsion.
Pour les clients de services similaires, quelques réflexes s’imposent. D’abord, activez l’authentification multifacteur partout où c’est possible. Ensuite, changez régulièrement vos mots de passe. Enfin, surveillez les communications officielles de votre fournisseur après un incident.
Source : Japan's GMO Offers $1 Million Bounty to Catch Hackers Behind FX Trading Cloud Breach