Spyware Pegasus sur l’iPhone du recteur de Belgrade avant le vote

Le Citizen Lab confirme une infection par le spyware Pegasus sur l'iPhone du recteur de l'Université de Belgrade.
Le spyware Pegasus a infecté l’iPhone de Vladan Đokić, recteur de l’Université de Belgrade. Le Citizen Lab l’a confirmé le 19 octobre. L’infection date de 2026. En effet, ce responsable est un soutien en vue du mouvement de protestation étudiant en Serbie. Ainsi, la révélation tombe à un moment sensible.
Le spyware Pegasus découvert sur l’iPhone de Vladan Đokić
Le laboratoire de recherche Citizen Lab a analysé l’appareil du recteur. Ses conclusions sont nettes : l’iPhone portait bien le logiciel espion de NSO Group. En effet, cet éditeur est le concepteur de Pegasus, un outil de surveillance très sophistiqué.
Vladan Đokić dirige l’une des principales universités du pays. Par ailleurs, il s’est également affiché auprès des étudiants mobilisés. Sa position publique en fait donc une cible potentielle pour qui souhaiterait suivre ce mouvement de près.
La date de l’annonce est tout aussi notable. En effet, le Citizen Lab a publié sa conclusion le 19 octobre. Les Serbes devaient voter six jours plus tard, le 25 octobre, lors d’élections législatives anticipées. Autrement dit, la confirmation arrive en pleine fin de campagne.
Une infection zero-click, sans aucune action de la victime
L’attaque a reposé sur un exploit « zero-click ». Ce terme désigne une compromission qui ne demande aucune interaction. Ainsi, la victime n’a pas besoin de toucher un lien. Elle n’a pas non plus à ouvrir une pièce jointe.
Cette caractéristique change tout. En effet, les conseils habituels de prudence deviennent insuffisants. Ainsi, un utilisateur attentif, formé au hameçonnage, peut être infecté malgré tout. Le piège se déclenche sans signe visible.
Par ailleurs, ce type d’exploit exploite des failles logicielles parfois inconnues de l’éditeur. Les défenseurs ont alors peu de temps pour réagir. C’est pourquoi ces outils sont si coûteux et si recherchés.
Ce que permet généralement Pegasus
Une fois installé, Pegasus donne un accès étendu au téléphone. Il peut notamment lire les messages et consulter les contacts. Il permet aussi, selon les capacités connues de l’outil, d’accéder aux photos, aux appels et à la localisation. Enfin, il peut activer le micro ou la caméra à distance.
Un tel accès représente un risque majeur pour un responsable universitaire. En effet, ses échanges avec des étudiants, des collègues ou des journalistes peuvent être exposés. Ses déplacements aussi.
Pourquoi le spyware Pegasus inquiète en période électorale
NSO Group affirme depuis des années vendre ses outils à des États. Ces logiciels seraient destinés à lutter contre le terrorisme et la criminalité grave. Pourtant, des enquêtes successives ont montré leur emploi contre des journalistes, des militants et des opposants.
Le cas serbe s’inscrit dans cette série. Cependant, les informations disponibles ne permettent pas d’identifier le commanditaire de l’attaque. L’attribution reste donc ouverte à ce stade. Il serait prématuré de désigner un responsable sans preuve.
Néanmoins, le contexte politique pèse lourd. Un acteur du mouvement étudiant a été ciblé quelques jours avant un scrutin. Par conséquent, la question de la surveillance de la société civile s’invite dans le débat public. Elle concerne la liberté d’expression comme la confiance dans le processus électoral.
De plus, l’affaire rappelle que la menace ne se limite pas aux grandes puissances. En effet, des outils de ce niveau circulent désormais dans de nombreux pays. Les personnalités publiques, les universitaires et les défenseurs des droits y sont exposés.
Recommandations
Les personnes à risque peuvent réduire leur exposition. Toutefois, aucune mesure n’est absolue face à un exploit zero-click. Plusieurs réflexes limitent cependant les dégâts.
- Mettre à jour iOS sans délai : en effet, les correctifs d’Apple colmatent régulièrement des failles exploitées.
- Activer le mode Isolation (Lockdown Mode) : ainsi, vous réduisez la surface d’attaque de l’iPhone, au prix de certaines fonctions.
- Redémarrer l’appareil régulièrement : cela peut ainsi compliquer la persistance de certains implants.
- Tenir compte des alertes d’Apple : en effet, l’entreprise prévient les utilisateurs qu’elle estime visés par des attaques ciblées.
- Demander une analyse forensique : en cas de doute, une organisation spécialisée comme le Citizen Lab peut par exemple examiner l’appareil.
- Cloisonner les échanges sensibles : évitez donc d’y consacrer un seul téléphone, surtout en période de tension politique.
Ce qu’il faut retenir
- L’iPhone de Vladan Đokić, recteur de l’Université de Belgrade, a été infecté par le spyware Pegasus de NSO Group en 2026.
- Le Citizen Lab a annoncé la confirmation le 19 octobre, six jours avant les élections législatives anticipées du 25 octobre.
- Ainsi, l’attaque reposait sur un exploit zero-click, sans clic ni action de la victime.
- Cependant, le commanditaire n’est pas identifié dans les informations disponibles.
- Enfin, mises à jour rapides et mode Isolation restent les meilleures défenses pour les profils exposés.
Source : Pegasus Spyware Infection Confirmed on Serbian University Rector's iPhone Days Before Election